Interview : Tasadi | DJMAG France - Suisse - Belgique

Rencontre avec le DJ et producteur qui fait son retour dans le monde de la musique après plusieurs années de pause.

C’est un nouveau départ pour Tasadi ! Après une pause de plusieurs années qui l’aura vu décrocher deux Master et mener une carrière professionnelle loin des paillettes du monde du divertissement, le DJ et producteur est enfin prêt à revenir à ses premières amours. L’artiste qui s’était fait connaitre avec des apparitions du côté d’Armada Music ou Spinnin' et qui avait également déjà partagé la scène avec des figures telles que Paul Oakenfold, Avicii ou Armin van Buuren, signe son retour avec une musique trance nourrie de multiples influences et oscillant entre morceaux mélodiques et titres percussifs. A coup de sorties remarquées (à l’image des singles ‘Sirena’ et ‘Lyra’), Tasadi s’offre ainsi une seconde jeunesse et confirme qu’il est désormais plus que jamais déterminé à se consacrer à 100% à sa carrière artistique – se rêvant même d’atteindre prochainement le prestigieux Top100DJs. Rencontre avec un artiste singulier prêt à retrouver les sommets de la sphère électronique.

Tu es de retour dans le monde de la musique après une longue pause de plusieurs années. Qu’est-ce qui a motivé ce comeback ?

Je crois que l’un des facteurs essentiels c’est tout simplement que ça me manquait. La musique a toujours été quelque chose que j’adore, c’est une passion et une partie de moi. J’ai beaucoup pensé à ce retour mais je voulais vraiment attendre le bon moment, le moment où je pourrai m’y consacrer à 100%.

Comment as-tu senti que c’était le bon moment pour revenir ?

Pour être honnête la période du COVID a joué un rôle important. Je pensais déjà beaucoup à mon retour dans la musique mais lorsque tout ceci est arrivé, j’ai senti que c’était le moment pour moi de retourner en studio et de me consacrer à mon retour.

Dans quel état d’esprit étais-tu au moment de revenir ? Est-ce qu’il y avait un stress vis-à-vis des réactions du public ?

Je n’étais pas vraiment inquiet sur ce que les gens pourraient dire, je voulais juste me consacrer à ce que j’aime. J’ai commencé la musique il y a plus de 20 ans maintenant, je suis passé par tout un tas de labels, j’ai eu beaucoup d’expériences très différentes donc je n’étais pas stressé mais plus excité à l’idée de ce retour.

En parlant de ta carrière, il est vrai que tu as déjà accompli beaucoup de choses avec ta musique. Dans quel état d’esprit es-tu maintenant ? Est-ce que tu as encore des rêves que tu souhaites réaliser dans ta carrière musicale ?

C’est vrai qu’avant ma pause, tout se passait bien pour moi. J’ai fait un premier album studio sur le label trance Lost Language, j’ai signé des titres sur Armada Music et Spinnin', etc. Je crois que j’ai beaucoup appris de toutes ces expériences et que maintenant je peux m’appuyer sur elles pour faire en sorte que les choses tournent en ma faveur. Honnêtement, l’un de mes plus grands rêves serait de faire partie du Top100DJs et je vais continuer à travailler dur pour atteindre ce rêve.

Entre ton départ et ton retour, la musique électronique a beaucoup changé. Ta musique aussi a évolué. Comment justement tu as abordé ce nouveau départ en termes de musique ?

Oui c’est vrai que la musique électronique a beaucoup changé. J’ai aussi l’impression qu’il y a beaucoup de cycles. D’une certaine façon on finit par retourner vers les vieux sons. L’une des choses dont je suis le plus fier c’est que je suis assez à l’aise avec l’idée de produire différents styles de musique. Je n’ai jamais aimé mettre des étiquettes sur ce que je fais, je combine juste différents éléments et différents genres que j’aime. Lorsque j’ai commencé, j’étais habitué à faire des morceaux qui tapaient fort. J’aime toujours mettre beaucoup d’énergie dans ma musique mais maintenant j’ai aussi une approche plus deep, plus slow-tempo.

Est-ce qu’il y a des artistes qui t’ont servi de modèles ou de référents pour t’aider à trouver le chemin artistique que tu voulais emprunter lors de ton retour ?

Je ne sais pas si je peux identifier un artiste en particulier. Bien sûr lorsque j’ai commencé à la fin des années 90, début des années 2000 j’étais fan d’artistes majeurs comme Tiësto ou Armin van Buuren. J’adorais ce qu’ils faisaient à ce moment et je crois que je dois avoir à peu près tous les vieux albums de mixes sortis par ces deux-là à l’époque. Maintenant, j’essaie d’être un peu plus « unique ». Je mélange de nombreux styles et influences dans mes mixes et ma musique donc je ne peux pas forcément citer un nom qui serait celui que j’essaie de suivre. Mais ce goût que j’ai pour les mélodies vient définitivement de mes racines trance.

En parlant de Tiësto et Armin van Buuren, ce sont deux artistes qui au cours des dernières années se sont (à des degrés divers) éloignés de leurs racines trance pour s’aventurer vers une musique plus proche de l’EDM. Quel est ton point de vue sur ces choix artistiques ?

Je sais que beaucoup de monde a détesté ça et qu’il y a eu beaucoup de controverses autour de tout ça mais moi je respecte leur choix. Je ne crois pas qu’il y ait quelque chose de mal à faire évoluer sa musique. Quand on avance dans le temps on peut aimer de nouvelles choses. On apprend aussi à mélanger des éléments du passé et nos nouvelles expériences. L’important c’est l’émotion que l’on ressent sur le moment. D’une certaine façon moi aussi j’ai fait évoluer ma musique et j’ai changé certaines choses. Donc je ne pense pas que ce soit mal de se dire que l’on ne va pas continuer à faire de la trance des années 90 pour toujours.

Quel est justement ton regard sur la scène trance à l’heure actuelle ?

J’aime ce qui se passe en ce moment, c’est un genre très diversifié. On peut toujours entendre des choses très traditionnelles à 138, 140 BPM, puis des sons à 120 BPM qui sont aussi classifiés dans la musique trance. A force d’évoluer, je crois que beaucoup de gens ont aussi trouvé une façon d’intégrer la trance dans tout un tas de genres différents, que ce soit de la house, de la progressive, etc. Et il y a tout un tas de gens qui font ça très bien. D’une certaine façon la trance avait déjà beaucoup de points communs avec la dance music des années 80 et 90. Et de la même façon, même dans l’EDM d’aujourd’hui on peut retrouver parfois de la trance. Elle est comme intégrée dedans, que ce soit au niveau des compositions, de l’émotion, etc. Et c’est quelque chose que j’aime beaucoup parce que ça aide à développer la créativité.

Pour revenir à ta carrière, pendant ta pause tu as obtenus deux Master et tu as également travaillé dans un environnement assez différent que celui de la vie d’artiste. Est-ce que tu penses que ces expériences ont aujourd’hui un impact, une influence, sur ta musique ?

Oui totalement. Mon premier Master était en informatique puis j’ai commencé à travailler pour InMusic qui est la société-mère de marques célèbres comme Akai ou M-Audio. J’y faisais du codage et j’y ai développé un réseau VST System Link. Donc cela m’a donné une vision à 360 et une plongée au cœur du monde des pluggins, du sound design, etc. Mon second Master était en management. Il m’a permis d’obtenir un sens de l’organisation, de la gestion du temps. Et puis j’ai aussi rencontré de nombreux entrepreneurs, eu d’autres opportunités professionnelles, etc. Je crois que cette combinaison unique d’éducation et d’expériences professionnelles me donne maintenant un sens aigu de l’organisation et de la stratégie. Et j’aurai vraiment adoré avoir ça avant pour l’appliquer à ma carrière musicale.

Tu as sorti vendredi un remix de ton propre morceau ‘Sirena’. Comment est venue cette idée ?

C’est toujours intéressant pour un artiste de remixer son propre morceau. ‘Sirena’ est surement l’un de mes morceaux favoris de l’année dernière. Il y a tellement d’émotion dans ce titre qui est venu après tant d’années de pause loin de la musique et qui a été le single de mon retour. Beaucoup de ce qui se passait dans ma tête et dans mon cœur à ce moment s’est transformé en ‘Sirena’. Et j’ai beaucoup de chance que le morceau ait été aussi bien reçu et qu’autant de monde l’ai apprécié. On fête maintenant l’anniversaire du titre et je sentais qu’il fallait que je fasse ce remix pour les fans. C’est une version plus deep mais qui reste tout de même toujours fidèle à la mélodie et à la composition d’origine.

Quelle est la suite pour toi maintenant ?

Je lance un nouveau show radio, une heure de mix chaque vendredi. J’ai aussi tout un tas de nouvelles productions et collaborations qui arrivent. Il y a notamment un morceau intitulé ‘Dreams Come True’ que j’ai très hâte de vous faire découvrir ainsi qu’une collaboration avec mon ami Orjan Nilsen qui devrait sortir prochainement sur Heldeep Records.

Rendez-vous ce mercredi à 18h pour découvrir un live exclusif de Tasadi à suivre sur les réseaux sociaux de DJ Mag France.

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