Interview : Thylacine | DJMAG France - Suisse - Belgique

Depuis ses débuts et notamment avec son dernier album ‘TIMELESS’ dévoilé en 2020, Thylacine partage sa vision particulièrement sensible de la musique.

L’artiste originaire d’Angers avance à contre-courant des tendances de l’électro mais ne cesse de surprendre avec des reprises des plus grands musiciens de l’histoire ou encore ses derniers morceaux rendant hommage à ses explorations du monde, à l’image de son dernier single ‘Bosphorus’  dévoilé vendredi dernier et inspiré de la culture stambouliote.

De passage au festival Garorock le 2 juillet dernier, William Rezé dit Thylacine a pris le temps de répondre aux questions de DJ Mag France et est revenu sur sa manière de produire de la musique, ses différentes expériences, sa tournée et projets pour le futur.

Crédit photo : Festival Garorock Experience

Bonjour William ! Sur vos précédents projets, vous avez enregistré vos disques au bord du Transsibérien, sur les routes argentines et aux Îles Féroé. Finalement, nous retrouvons souvent avec Thylacine une idée de voyage, que ça soit à travers l’espace ou le temps …

Exactement ! J’ai remarqué rapidement que si je restais enfermé chez moi il n’allait rien se passer d’intéressant. Je tournais en rond, les morceaux n’avaient pas de grandes significations … Alors qu’à l’inverse lorsque j’étais en tournée ou sur des projets je ressentais une réelle nécessité de créer et de raconter quelque chose. Petit à petit, j’ai voulu développer une vraie histoire pour chaque morceau. Je veux à chaque fois créer un contexte, faire ressortir un moment. Je suis toujours en recherche de ces éléments car j’ai besoin de ça pour être productif.

Revenons également sur la série OVNI(s) de Canal+ pour laquelle vous avez composé la bande-son. Vous vous êtes installé à Fribourg, en Suisse, pour élaborer ce projet. Comment cette opportunité est venue à vous ?

J’avais déjà travaillé sur le dernier long-métrage du réalisateur de la série OVNI((s) qui se nomme : "Gaspard va au mariage." Ça s’était très bien passé et il est revenu vers moi pour ce nouveau projet en me parlant d’une comédie dans le thème des années 70/80. J’étais un peu réticent au départ parce que ce n’est pas vraiment mon univers. Puis j’ai repensé au SMEN, le Switzerland Museum of Electronic Music à Fribourg. C’est un collectif de personnes ayant récupéré une collection d’un millionnaire possédant des magasins de musique. Il avait stocké tout son matériel avec des synthés provenant de différentes époques. Je suis donc revenu devant le réalisateur en lui disant : « Voilà : je veux composer ma musique avec le matériel de l’époque mais sans faire des références de telle ou telle personne. » C’est comme ça que je me suis enfermé pendant plusieurs sessions de 3,4 jours à Fribourg et c’était tellement bien ! J’ai adoré cette expérience.

Vous êtes d’ailleurs sur le point de revenir en Suisse à l’occasion d’une date de votre Summer tour. (Le 3 septembre prochain à Bulle pour les Francomanias) À propos de ce Summer Tour, comment appréhendez-vous ?

Avec très peu de sommeil ! (rire) Garorock est mon 4ème festival de suite cette semaine, ce qui me donne un planning vraiment costaud. J’ai joué au Fusion Festival de Lärz (Allemagne) mercredi, au Fnac Live de Paris le jeudi et au Foin de la Rue (St Denis de Gastine) avant ce Garorock … Ça fait deux nuits que je dors 2 heures donc ça commence sérieusement à tirer ! (rire) La suite s’annonce un peu plus tranquille mais ça reste un vrai plaisir d’exercer ce métier et c’est pour ça que je me permets de faire des week-ends chargés comme ça. Pendant 2 ans, on a eu des annulations un peu partout. Même si l’année dernière on a réussi à faire quelques festivals, ça n’était encore qu’avec des jauges réduites. Je suis donc très heureux de pouvoir rejouer régulièrement avec un public remplit. Tu n'imagines pas le plaisir que c’est de pouvoir revenir à Garorock avec des grandes scènes, un énorme public. Je vois ça comme une vraie célébration !

Que préparez-vous pour ce set à Garorock ?

On part sur un set relativement festif ! (rire) J’aime m’adapter à chaque contexte. Je ne joue pas les mêmes morceaux et de la même façon comme lorsque je suis en concert en salle où je vais jouer pendant 1h30 avec des thématiques plus profondes et introspectives. Quand j’arrive dans un festival comme Garorock, le but est de ne pas se prendre la tête ! Tout le monde est là pour s’amuser, nous avons tous la même envie, la même demande. Je vais donc sélectionner des morceaux où je sais que je vais le plus m’amuser en live.

Crédit photo : Festival Garorock Experience

Revenons sur votre date à l’Olympia de mars dernier. Sur votre compte Instagram, vous évoquiez « l’un des meilleurs concerts de votre vie. » Qu’est-ce que l’on ressent en jouant dans un endroit aussi réputé ?

Honnêtement, la réputation m’affecte assez peu. Malgré la renommée que peut avoir l’Olympia, on peut aujourd’hui réserver cet endroit à partir du moment où on en a les moyens ! Mais bien évidemment, c’est extraordinaire d’avoir réussi à vendre tous les tickets de l’Olympia. Il y a aussi la salle Pleyel en novembre où nous avons aussi fait sold-out. Faire ces deux salles sur la même période et la même tournée est quelque chose de vraiment chouette. Ces moments resteront à jamais gravés.

Crédit photo : @thylacine_music

Pour finir, comment s’annonce la suite pour Thylacine en studio ? Des projets pour la rentrée ?

Il y a un projet que je suis en train de finir. Depuis quelques années les morceaux que j’ai sortis sont des singles que je n’ai pas voulu inclure dans un album parce que c’était des histoires singulières comme ‘Versailles’ fait à Versailles ou ‘Polar’ en début d’année que j’ai composé sur un bateau au nord de la Norvège. Sans oublier ‘Anatolia’ en Turquie … J’ai plusieurs autres concepts comme ça et j’en ai emmagasiné quelques-uns en plus. Je suis en train de compiler ces morceaux pour les réunir sur une édition un peu spéciale avec d’autres morceaux que je n’ai pas encore sorti. J’ai aussi pour projet de plus tourner à l’étranger l’année prochaine. Il y a également la BO d’un autre film. J’apprends pleins de nouveaux instruments aussi, j’adore les exploiter sur scène. J’aime ce mélange entre la dynamique et la liberté que m’apporte l’électro et ces instruments qui m’offrent la possibilité d’improviser et de créer quelque chose de nouveau en live. De nombreux beaux projets arrivent ! 

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